Les plantes vivaces, la sauge
Définition
Les plantes vivaces sont des végétaux plus ou moins herbacés qui croissent et refleurissent chaque année, à l’opposé des plantes annuelles qui effectuent leur cycle sur une saison ou des bisannuelles qui fleurissent la deuxième année suivant leur mise en place (pensées, giroflées d’hiver). Les parties aériennes chez de nombreuses plantes vivaces, pousses et feuilles disparaissent souvent en automne et en hiver, alors que les parties souterraines restent bien en vie en repos. Le départ de la végétation s’effectue au printemps. Néanmoins certaines plantes vivaces ont un feuillage persistant. C’est le cas des aubriètes, des sauges. D’années en années, les touffes prennent de l’ampleur jusqu’à finir par se dégarnir du centre et ne fleurir qu’à la périphérie. Pour cette raison, il convient, tous les 5 ans, d’arracher les touffes en place, de les diviser si possible et de replanter des éclats prélevés à la périphérie des pieds.
Parmi les innombrables plantes vivaces susceptibles décorer un jardin, on peut citer les sauges. Elles sont ornementales pour de nombreuses espèces ou variétés cultivés au jardin d’agrément ou alimentaires élevées au jardin potager. Elles appartiennent à la famille des Lamiacées, famille comprenant de très nombreuses plantes aromatiques, médicinales, telles la lavande, les menthes ou le thym. Le genre Salvia (sauge) comporte environ 900 espèces différentes.
Espèces ornementales :
Salvia grahamii
Originaire du Mexique cette sauge de Graham porte également le nom de Salvia microphylla. Il s’agit d’un arbuste de 1,20 m de hauteur aux feuilles persistantes. La floraison étendue, voire permanente est faite d’inflorescences lâches, les fleurs groupées par deux.
Elle n’est pas parfumée mais arrive à fleurir 10 mois sur 12 dans le Sud, offrant de jolis tons roses indien. Cette plante résistant à des températures de moins 10 à moins 12 degrés est pratiquement naturalisée sur le Côte d’Azur.
La taille consiste à rabattre la plante sévèrement au mois de mars.
Cette espèce a donné quelques cultivars, parmi lesquels :
- ’Newby Hall’ aux fleurs rouges de 1,20 m,
- ’Kew Red’ aux fleurs fuchsia de 0,80 m,
- ’Trebah’ aux fleurs blanches rosées 0,70 m.
Salvia guaranitaca
Cette sauge est née au Brésil et en Amérique centrale. Elle porte aussi le nom de Salvia concolor ou de Salvia caerulea. Il s’agit d’un arbuste de 2,50 m de hauteur, ligneux à sa base. Les feuilles sont persistantes de 10 cm de longueur. Les inflorescences mesurent jusqu’à 25 cm de longueur, les fleurs elles-mêmes étant groupées par deux, de couleur bleu foncé. Elle fleurit de juillet aux premières gelées. Elle souhaite une situation mi-ombragée, un sol riche en humus, bien drainé.
Cette plante convient pour l’habillage des fonds de massifs.
On lui connaît des cultivars, tels :
-’Black and Blue’,
- ’Blue Enigma’
Salvia namaensis
Cette espèce est originaire de Namibie, de l’Afrique du Sud. Il s’agit d’une plante arbustive de 0,70 m de hauteur aux tiges ligneuses. Les feuilles sont persistantes et aromatiques à odeur très camphrée, découpées. Les fleurs sont assez petites aux couleurs lilas pâle groupées en inflorescences terminales.
Cette espèce souhaite croître dans un sol de réaction neutre à légèrement basique dont le pH est voisin de 7,5. Elle apprécie plein soleil, mais redoute les hivers aux températures inférieures à moins 7 degrés.
Autres espèces ornementales :
On cultive également de nombreuses autres espèces telles :
Salvia sclarea
Appelée aussi sauge sclarée ou Toute-bonne originaire de l’Europe du sud et du sud-ouest de l’Asie. Il s’agit d’une plante bisannuelle ou vivace de 1,50 m de hauteur, velue, aromatique dans toutes ses parties. L’inflorescence est paniculée, les fleurs lilas pâle, groupées par deux à 6 en juillet et août. Cette sauge convient pour le climat méditerranéen.
Salvia splendens
Plante vivace devenant ligneuse à la base, mais cultivée comme annuelle dans nos régions. Elle peut atteindre 1,00 m de hauteur. C’est la plante des massifs fleuris réalisés en fin de printemps pour des décors capables de fleurir de mai aux gelées dans de nombreux jardins publics ainsi que des balconnières en ville.
Cette sauge est semée de février à mai en serre. Les jeunes plants sont repiqués en godets avant la plantation au jardin.
Espèce alimentaire
Salvia officinalis
Il s’agit là de la sauge officinale ou sauge commune, présente dans de nombreux jardins potagers, car elle est utilisée en cuisine familiale ou en charcuterie. Elle porte de nombreux noms vernaculaires et notamment : Grande sauge, herbe sacrée, sauge franche, thé sacré, thé de la Grèce, thé de France, thé de Provence. Elle est originaire de l’Europe méridionale. Elle est cultivée depuis la plus haute antiquité pour ses propriétés médicinales. C’est un arbuste de 0,60 m de hauteur, ramifié aux feuilles argentées, persistantes de 5 à 10 cm de longueur. Les fleurs de couleur violet, rose ou blanche apparaissent en juin-juillet.
Cette sauge aime les terres chaudes, légères, rocailleuses, mais végéter dans des terres plus lourdes. Elle craint les gelées importantes. La récolte des feuilles se fait au printemps et à l’automne, plusieurs coupes peuvent être réalisées au cours de la saison. Il est bon de la tailler en fin d’hiver lorsque les gelées ne sont plus à craindre. Il est préférable de tailler sur des pousses jeunes pour faciliter la naissance de nouvelles pousses.
Cette espèce a donné des variétés, comme ‘Aubigné sur Layon’, une mutation de la sauge officinale possédant les mêmes qualités ornementales et aromatiques, mais qui se couvre, elle, de jolies fleurs roses de juin à août, demandant le soleil, une terre sèche, voire caillouteuse, ni lourde, ni acide. Ella a une rusticité de -20°C.
Multiplication :
Outre le semis ou la division des touffes, les sauges peuvent être bouturées.
Ne pas prélever sur des tiges trop ligneuses car les racines mettraient trop de temps avant d’apparaître et de nourrir la jeune plante.
Préférer des pousses herbacées encore bien vertes.
Ne pas couper au milieu de deux entre-nœuds qui sont les endroits où naissent les feuilles et les pousses. Couper 2 ou 3 mm en dessous d’un entre-nœud.
Couper la tête qui se déshydraterait trop rapidement.
Réduire les feuilles de moitié. On le fait surtout dans le sud car il fait très chaud. Cela évite à la plante d’évaporer son eau.
Planter dans un pot avec un mélange terreau / sable de rivière.
Le sable a un effet drainant et le terreau le pouvoir de bien retenir l’eau. Si la plante reste trop longtemps dans le terreau, elle pourrait pourrir.
Enterrer la bouture jusqu’au premier œil. Tasser légèrement. Arroser copieusement puis brumiser deux fois par jour.
Petits maux
Les sauges ont la chance d’être très peu attaquées par les insectes, en raison des huiles essentielles contenues dans leurs tissus.
Cependant, quand les pousses sont bien tendres, il peut y avoir des attaques de pucerons. Traiter alors au savon noir en pulvérisant toute la plante, y compris le dessous des feuilles, à moins que les coccinelles puissent se charger de limiter les populations.
Le saviez-vous ?
La sauge officinale est utilisée depuis longtemps pour ses vertus médicinales. Chez les Grecs, elle était déjà connue pour ses propriétés digestives et anti-infectieuses. Elle contient plusieurs huiles essentielles, utilisées dans les industries pharmaceutiques. Plante médicinale, ses feuilles sèches et ses sommités fleuries sont riches en tanin, en cineol (eucalyptol), en terpène (hydrocarbure produit par certains végétaux comme les conifères), en thujone (molécule présente notamment dans l’absinthe).
Dans les traditions amérindiennes, lors de la cérémonie de la fumée, on la brûlait pour chasser les mauvais esprits, les mauvais sentiments. Couronnée herbe royale par Charlemagne, la sauge fut introduite en Europe de l’Est et du Nord au Moyen Âge. Les Grecs, les Romains et les Arabes l’employaient dit-on communément comme tonique et en compresses contre les morsures de serpent.
N’oubliez pas ce dicton provençal : "Qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin d’un médecin".
Plantation en pleine terre
Emplacement plein sud pour que la sauge se développe dans des conditions optimales, en bordure de massif.
Bécher le sol. Disposer les sauges pour composer le massif. Creuser un trou un peu plus profond que le pot. Amender. Défaire les racines. Planter, tasser et arroser copieusement la terre autour de la plante.
Pour en savoir plus :
Notre spécialiste :
Carole Bonaut
566, chemin des Maures
06600 Antibes
Notre sélection de livres :
La sauge : saveurs et vertus
Elisabeth Canitrot
Editions : Hachette
Déjà
au Moyen Âge, la sauge avait la réputation d’être une véritable
panacée. Elle reste encore à notre époque un remède à beaucoup de maux
si l’on en croit le dicton provençal bien connu des herboristes « Qui a
de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecin »...
Côté
santé, elle est antiseptique, antispasmodique, digestive, stimulante,
anti transpirante, elle lutte aussi contre les maux de tête, l’herpès,
l’acné, l’eczéma, les aphtes, les verrues, les inflammations des
muqueuses de la bouche, du nez, de la gorge, des voies respiratoires,
elle combat les désordres de la pré-ménopause, les règles douloureuses,
réveille la libido, soulage les piqûres d’insectes, les problèmes
articulaires ou musculaires...
Côté beauté, elle est reconnue pour
ses qualités antioxydantes, astringentes, adoucissantes, antiseptiques,
régénératrices, elle est bonne pour la peau, les cheveux, le cuir
chevelu, elle est antipelliculaire, ralentit l’alopécie, étoffe les
sourcils, les cils et s’attaque à la cellulite... Côté cuisine, la
sauge ouvre l’appétit, relève les plats de viandes blanches, les
poissons, se marie harmonieusement avec les légumes, et surprend dans
les desserts.
Côté jardin et maison, elle est désodorisante,
antiseptique, purifiante, décorative... Recettes familiales ou de
grands chefs étoilés, remèdes de grand-mère ou revisités, anecdotes
historiques, cet ouvrage vous livre la sauge dans tous ses états.
Bien
avant la mode du « Bio », Elisabeth Canitrot a pu vérifier l’efficacité
de certains produits naturels en les utilisant quotidiennement pour
elle-même et constater que, bien souvent, des solutions simples et
économiques avaient été oubliées avec le temps.
Vivaces pour tous les jardins
Edition Larousse
Les minis Larousse
Les vivaces sont des plantes durables qu’on installe pour longtemps et qui repoussent chaque année...
Ce mini-guide présente une sélection des 20 incontournables, avec l’essentiel à savoir pour un succès garanti !
Le Petit Larousse des plantes vivaces : Choisir et identifier 1200 plantes pour un jardin durable
Editions Larousse
Ce
guide photographique propose une sélection exhaustive de 1 200 fleurs
et plantes vivaces, parmi les plus intéressantes et les plus
performantes, disponibles aujourd’hui en jardineries.
Le
Dictionnaire des 1 200 plantes vivaces donne toutes les informations
pratiques (hauteur, étalement, espacement, exposition, rusticité, dates
de floraison...), un descriptif personnalisé de la plante, de type
"coup de cœur", et un "bon à savoir", indispensables pour connaître les
qualités et les atouts de la plante, ainsi que tous les pièges à éviter.
Un
collectif d’experts jardiniers transmettent leur passion des vivaces et
leurs précieux conseils de culture pour les avoir eux-mêmes
expérimentées : Patricia Beucher, Philippe Bonduel, Jean-Paul Collaert,
Philippe Ferret, Valérie Garnaud, Jérôme Goutier et Odile Koenig.
Les
listes thématiques du Guide des meilleurs choix vous aideront à
sélectionner vos vivaces en fonction de vos goûts et de vos besoins :
pour pots et jardinières, pour l’ombre, le plein soleil, sans trop
d’arrosage, faciles à entretenir, très rustiques, couvre-sol, pour une
toiture végétalisée, attirant abeilles et papillons...


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